Servir Dieu est un honneur, pas un sacrifice

Beaucoup affirment avoir tout abandonné pour servir Dieu. Pourtant, la Bible présente le ministère moins comme une perte que comme un privilège accordé par le Roi des rois.

« J’ai tout abandonné pour servir Dieu. » Cette phrase revient souvent dans les témoignages de nombreux chrétiens, en particulier de ceux qui exercent un ministère. Elle est généralement prononcée avec sincérité et traduit les renoncements qu’une personne a pu vivre en répondant à l’appel de Dieu. Pourtant, il est utile de prendre un instant pour examiner cette affirmation à la lumière des Écritures.

En réalité, le service de Dieu ne devrait pas être considéré avant tout comme un sacrifice, mais comme un immense privilège. Cette perspective change profondément notre manière de vivre notre appel.

Un honneur comparable à une haute distinction

Imaginez un instant que le président de votre pays vous appelle pour intégrer son cabinet. Vous exercez la profession de médecin et vous acceptez de quitter votre activité afin de collaborer directement avec lui. Parleriez-vous d’un sacrifice ? Probablement pas. Vous y verriez plutôt une promotion, une marque de confiance et un immense honneur.

Il en serait de même si un roi vous invitait à servir dans son palais. Vous considéreriez cette nomination comme un privilège exceptionnel plutôt que comme une perte.

De la même manière, lorsque Dieu appelle un homme ou une femme à le servir, il ne lui retire pas quelque chose de précieux ; il lui accorde une dignité nouvelle. Servir le Roi des rois est avant tout un honneur.

Dieu nous élève en nous appelant

Cette réalité est clairement exprimée par l’apôtre Pierre :

« Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis » (1 Pierre 2.9).

Le terme royal est particulièrement révélateur. Dieu ne nous recrute pas comme de simples exécutants. Au contraire, il nous élève et nous associe à son œuvre. Il fait de nous ses représentants sur la terre et nous confie la responsabilité d’annoncer son Royaume.

Autrement dit, répondre à son appel n’est pas perdre sa valeur ; c’est recevoir une nouvelle identité.

L’exemple de Jésus-Christ

Certains rappelleront que Jésus s’est dépouillé de sa gloire pour venir servir les hommes. C’est exact. Philippiens 2.7 affirme qu’il « s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur ».

Cependant, ce n’est pas la fin de l’histoire. Quelques versets plus loin, l’Écriture déclare que Dieu l’a « souverainement élevé » et lui a donné « le nom qui est au-dessus de tout nom » (Philippiens 2.9). D’ailleurs, dans Jean 17.5, Jésus demande au Père de lui rendre la gloire qu’il possédait avant la fondation du monde.

Son incarnation n’était donc pas une perte définitive, mais l’accomplissement d’une mission. Après son œuvre rédemptrice, il a retrouvé toute sa gloire.

Il en est de même pour notre appel. Dieu ne nous invite pas à subir une punition, mais à participer à son œuvre avec lui.

Les serviteurs de Dieu sont aussi des héritiers

Cette vérité concerne particulièrement tous ceux qui portent un appel pastoral ou ministériel. Vous n’avez pas perdu votre vie en répondant à Dieu. Bien au contraire, vous avez été choisis.

L’apôtre Paul rappelle en effet que nous sommes « héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ » (Romains 8.17). Plus loin, il ajoute : « Tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu » (Galates 4.7).

Ainsi, nous ne travaillons pas pour Dieu comme des employés au service d’un employeur. Nous appartenons à sa famille. Nous sommes ses enfants et nous participons à l’héritage qu’il a préparé pour les siens.

Cette réalité donne une toute autre perspective au ministère.

Un privilège qui demande de l’engagement

Certes, le ministère comporte des épreuves. Les combats existent, les renoncements sont parfois réels et le service de Dieu demande de la persévérance. Néanmoins, les difficultés rencontrées ne transforment pas notre appel en sacrifice. Elles révèlent simplement la valeur de la mission qui nous a été confiée.

Après tout, tout ce qui possède une grande valeur exige de l’engagement.

C’est pourquoi il est bon de changer notre manière de parler de notre appel. Plutôt que de dire : « J’ai tout sacrifié pour servir Dieu », souvenons-nous que Dieu nous a fait l’honneur de participer à son œuvre.

Servir le Roi des rois n’est pas d’abord un sacrifice. C’est une grâce, un privilège et un immense honneur.